Projet réalisé au sein des collections de la Cinémathèque de Toulouse dans le cadre de la Résidence 1+2 Factory 2018.

Les théories féministes ont profondément modifié la façon de considérer notre culture visuelle. À l’origine de cette révision, un article de la critique Laura Mulvey propose en 1975 la notion de «male gaze», regard masculin, pour caractériser l’objectivation voyeuriste de la femme dans le cinéma. Inspirée par la théorie freudienne, qui définit la scopophilie comme une pulsion sexuelle, où l’individu prend plaisir à posséder l’autre par le regard, cette approche part du constat qu’il existe des rôles sociaux considérés comme propres a chaque genre. 

Irrigué par les questions d’actualité concernant le conditionnement genré de notre culture visuelle, ce projet développé à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse, questionne la modélisation de l’image de la femme dans le cinéma des années 1920 – 1950. Ces années phares du Star System américain constituent en effet un véritable tournant dans la mise en archétype des représentations du corps féminin. Entre divinisation et standardisation, l’iconographie féminine se courbe alors et se façonne au gré des contraintes technologiques du debut du XXe siecle, créant des promiscuités entre corps et technique, beauté et photogénie. Par un travail de collecte et de détournement des revues, affiches, et bobines des collections de la Cinémathèque de Toulouse, ce projet tend à déconstruire l’objectivisation de la femme pour l’écran cinéma des années 1920-1950 et met ainsi en évidence la déréalisation des canons de beauté. Au-delà du film, c’est tout l’édifice de l’esthétique occidentale qui est ici remis en cause, dont le cinéma a contribué pour beaucoup à la normalisation, la fragmentation et la standardisation du féminin.