SCREENSHOT,

 2015 - 2016

 

Texte en français

En 1920, Man Ray rend visite à son ami Marcel Duchamp dans son atelier new-yorkais. Il y entrevoit une plaque de verre posée à plat, recouverte d’une épaisse couche de poussière. Ceci n’est pas le résultat d’une négligence, Duchamp a volontairement laissé la poussière s’accumuler durant des mois. En écho à la célèbre image de Man Ray et Marcel Duchamp, je me suis intéressée ici à la poussière accumulée sur nos écrans. Indésirable, omniprésence, ce dépôt de matière constitue une mise en exergue de la matérialité écran. 

Fissures, craquelures, poussières, traces de doigts. Extraits de leurs contextes, les écrans portent en eux les stigmates de leur valeur d’usage quotidienne. Sorte de “reliques 2.0”, les images sont présentées à échelle 1 de l’écran, puis placées sous boîte de plexiglas.

 

Testo in italiano

Cielo azzurro su pacchetto di fazzoletti, spiaggia di sabbia bianca su scatola di fiammiferi, sole splendente su portafoglio, aurora boreale su mug. La ripresa del tema paesaggio nel circuito dell'iconografia commerciale, si esaurisce nella ripetizione, fino a perdere il legame con il suo riferimento primario. Ciò che Jean Beaudrillard chiama la « culturalité industrielle » illustra un rapporto con il paesaggio svuotato della sua realtà, dove il paradigma della cartolina diventa supporto di consumo.

Fatta a pezzi, sgranata, disseminata, in questo progetto la rappresentazione del paesaggio viene smembrata per essere presentata nella sua oggettificazione. Iniziato nel 2014, nell'ambito di un residenza artistica in Finlandia, questo lavoro s'ispira alle pitture di Ed Ruscha.