SCREENSHOT,

 2015 - 2016

 

Texte en français

En 1920, Man Ray rend visite à son ami Marcel Duchamp dans son atelier new-yorkais. Il y entrevoit une plaque de verre posée à plat, recouverte d’une épaisse couche de poussière. Ceci n’est pas le résultat d’une négligence, Duchamp a volontairement laissé la poussière s’accumuler durant des mois. En écho à la célèbre image de Man Ray et Marcel Duchamp, je me suis intéressée ici à la poussière accumulée sur nos écrans. Indésirable, omniprésence, ce dépôt de matière constitue une mise en exergue de la matérialité écran. 

Fissures, craquelures, poussières, traces de doigts. Extraits de leurs contextes, les écrans portent en eux les stigmates de leur valeur d’usage quotidienne. Sorte de “reliques 2.0”, les images sont présentées à échelle 1 de l’écran, puis placées sous boîte de plexiglas.

 

Testo in italiano

Nel 1920, Man Ray rende visita a Marcel Duchamp nel suo atelier new-yorkese, dove vede una lastra di vetro distesa e ricoperta da uno strato spesso di polvere. Ciò non è il risultato di una negligenza: per mesi, Duchamp ha lasciato consapelvomente che la polvere si accumuli. In omaggio alla famosa fotografia di Man Ray e Marcel Duchamp, Élevage de poussière (1920), la polvere accumulata sui nostri schermi è la materia prima di questo progetto artistico. Indesiderato e onnipresente, questo deposito di polvere rivela la materialità dello schermo.

Fessure, crepe, polvere, impronte. Estratti dal loro contesto originale, gli schermi portano impresse le stigmate del loro uso quotidiano. Come una sorta di « reliquie 2.0. », le immagini sono presentate in scala 1:1 dello schermo originale e esposte in una teca di plexiglas.