PLACEBO LANDSCAPE, 

2014 - 2017

Ciel bleu azur sur paquet de mouchoirs, plage de sable blanc sur boîte d’allumettes, soleil au beau fixe sur porte-monnaie ou aurore boréale sur mug, les objets utilisés dans le cadre de ce projet ont été collecté sur Ebay, Amazon ou dans des offices de tourisme finlandais. Dans Placebo Landscape, la reprise du motif paysage dans le circuit de l’imagerie commerciale s’épuise dans sa répétition jusqu’à perte de lien avec le référent premier. Ce que Jean Baudrillard nomme la “culturalité industrielle illustre ici un rapport déréalisé au paysage où le paradigme de la carte postale devient ici support de consommation. Morcelée, tramée, dispersée, la représentation de paysage est ainsi travaillée à bras-le-corps pour la présenter dans sa dimension objet. Débuté en 2014, dans le cadre d’une résidence de six mois en Finlande, ces différentes installations s'inspirent notamment des peintures de paysage d’Ed Ruscha. 

 

Extrait de l'article d'Etienne Hatt, GoogleEscapes, le paysage à l'ère post-photographique, Art Press n°440, janvier 2017.

" Commencé en 2014, la série Placebo Landscape de Bellenger, récemment diplômée de l'école d'Arles, comprend des photographies de produits de consommation courante (un paquet de mouchoirs, une boîte de cotons-tiges...) dont la trivialité tranche avec l'idéalisation du paysage qui les orne. Sans titre (posters), 2016, est composé de posters de paysages commandés sur internet avec le mot-de-clé "sunset", maintenus et roulés pour souligner leur nature et disposés de façon à évoquer l'une de ces images stéréotypées de coucher de soleil. Bellenger pointe ainsi le consumérisme paysager et sa conséquence: la déréalisation du paysage qui selon ses mots: "autonomise le motif de son référent premier ". "

 

Texte de Chiara Parisi, extrait du catalogue d'exposition du 62e Salon de Montrouge, 2017.

" Le travail d'Hélène Bellenger aborde la notion du paysage d’une manière surprenante, par le prisme de sa dimension commerciale. Le paysage qui est aussi une notion personnelle devient l’occasion de procéder à une observation des nombreux, voire contradictoires énonciations, fictions et fantasmes que de tels lieux évoquent. Ces lieux, devenu des lieux communs, sont les motifs de ses œuvres : coucher de soleil, aurores boréales, forêts ou montagnes…

Dans la lignée de Felix Gonzalez-Torres, Hélène Bellenger procède parfois à la dispersion et en même temps, semble traiter l’image comme un objet proche, intime, et ludique. C’est là une des possibilités et une des fonctions de la reproductibilité technique si l’on se réfère à Walter Benjamin, elle « permet surtout de rapprocher l’œuvre du récepteur ».